mardi 11 décembre 2018

Tous comme Benjamin

Par un après-midi plutôt trempé et frisquet de mars - c'était hier, mercredi, j'ai emmené ma compagne à l'excellent cinéma tourangeau Studio, à la programmation riche et à l'ouverture sur le monde affirmée. Cette fois-ci, c'était pour y découvrir "L'étrange histoire de Benjamin Button" du non moins étrange mais passionnant réalisateur David Fincher (on lui doit de mémoire Se7en, épatant thriller, le cultissime Fight Club - avec déjà le beau Brad dans les deux - ou encore le labyrinthique The Game. Plus récemment, il nous avait offert un Zodiac très apprécié de la critique).

Passons sur le film, bon mais pas génial, généreux mais pas toujours servi par des dialogues, des performance d'acteur ou des scènes aussi fines que l'on aurait pu le souhaiter. Je vais plus m'attacher au symbole, car c'est en retrouvant l'air frais du dehors après plus de 2 h 30 de confinement divertissant que j'ai pensé à une analogie entre ce bébé-papy qui devient un pépé-baby et l'évolution dans le temps d'un obèse qui se transforme.

On peut aisément admettre, étant donné l'état actuel de la science, qu'il est impossible de rajeunir au sens chronologique, c'est à dire remonter dans le temps. Pourtant, la réalité est assez différente pour ce qui concerne notre organisme, et notre esprit. Arrêter de fumer ou de consommer trop d'alcool lorsqu'il en est encore temps, c'est scientifiquement accroître son espérance de vie, et permettre au corps de soigner ce qui n'est pas perdu dans l'enchevêtrement complexe de nos entrailles. Quelque part, c'est donc un processus d'assainissement qui peut s'apparenter à une cure de jouvence !

La fontaine magique qui transforme les cheveux blancs en cheveux bruns (ou roux, ou blond, ou châtains, n'oublions personne) n'existe pas, et les produits miracles ne cachent pas bien longtemps les traces du vécu, même un bistouri travailleur ne fait que transformer un visage humain en une face hybride entre statue de cire et créature d'une autre galaxie. Par contre, le soin que l'on donne à son enveloppe corporelle, ses organes et son cerveau peuvent tout à fait "rajeunir".

Gagner du terrain sur l'obésité, c'est retrouver petit à petit un sommeil apaisant, sentir à nouveau de la tonicité, faire souffler ses muscles, ses os, ses organes soumis à rude épreuve, redonner un coup de frais à la couche de peinture maussade de nos états d'âme, aérer le cerveau en le délestant de la culpabilité, l'inconfort et le spleen... remettre de la vie dans un ensemble affecté et souffreteux. Si ça ce n'est pas un coup de jeune ! Ca vaut bien mieux que tous les looks djeuns affichés par quadras et quinquas pour rester dans le coup, mobiles dernière génération et cours de tecktonik.

En avant jeunesse !

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