jeudi 13 décembre 2018

S'oublier, se punir


En entrant dans le monde noir et adipeux de l'obésité, on en profite pour massacrer dans de grandes largeurs son estime de soi. Pas question par là de stigmatiser l'abandon du soin de soi au sens où il serait à l'origine du gouffre du surpoids, mais au contraire de mettre l'accent sur une difficulté majeure de l'obèse face à son image. Quand on avale plus que l'on mange, quand on se remplit bien au-delà de la satiété le ventre de sucre et de gras, on se venge, on noie son chagrin où on se punit.

Un bel animal effarouché

On tente en fait de réparer maladroitement un système affectif défectueux. Avec pour seul résultat de tarir encore un peu plus à chaque occasion la source de la valeur que l'on se porte. Parmi les premiers pas à faire pour redresser la tête, il faut donc estimer qu'on le mérite. Voilà une tâche difficile, très difficile. Mais c'est une prise de conscience cruciale. Le gros a souvent oublié la valeur qu'il pouvait avoir à cause de frustrations diverses, de rejets ou encore pire d'humiliations. Repartir du bon pied, c'est donc remettre à jour ce sentiment enfoui profondément, réveiller le bel animal effarouché qui s'est tapi dans l'ombre. On va se battre contre l'obésité parce qu'on ne mérite pas les souffrances qui en découlent.

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